Dans ce guide, nous allons voir ensemble comment devenir freelance mais aussi pourquoi. Quelles sont les grandes questions à se poser avant de se lancer en indépendant ? Quels sont les avantages et inconvénients du statut freelance ?
En parlant de statut, on s’intéressera aux différents statuts juridiques qui permettent une activité en freelance. Micro-entreprise ou société ? Lequel est le plus intéressant et dans quel cas ?
Surtout, ce guide se penche sur les méthodes pour se lancer concrètement et devenir freelance en vrai. Comment mettre en place une stratégie ? Comment vous faire connaître et trouver vos clients ? Quelles sont les premières étapes à effectuer quand on se lance, c’est-à-dire sans mettre en place une grosse machine qui mettra des mois à décoller ?
C’est parti !
Devenir freelance : est-ce fait pour vous ?
C’est bien le point de départ de notre réflexion. Devenir freelance, oui mais pourquoi faire ? Ce que je vous propose, c’est de partir d’abord de vous, de vos envies et de vos attentes, avant de voir ce que signifie concrètement et dans la vraie vie être freelance.
Partir de vos envies et attentes
Ca peut paraître évident mais c’est un premier travail que je vous propose de faire. Je ne parle pas ici d’accomplissement (générer X de CA, par exemple) mais plutôt d’imaginer le quotidien comme vous le souhaitez, en essayant de voir les bons comme les mauvais côtés.
Vous allez le voir rapidement, il n’y a pas de bonne réponse et tout dépend de vos envies. Par exemple, être freelance, c’est pouvoir travailler de chez soi (j’écris cet article depuis mon canapé). Mais c’est aussi souvent devoir travailler de chez soi, sans collègues ni débat sur où on va pour la pause déj.
Dans le même esprit, j’entends souvent que ne pas avoir de patron (ou être son propre patron), c’est super. Je l’entends et même je le partage. Mais ça veut dire aussi qu’on n’a pas de n+1 pour nous aider quand on est en difficulté et qu’il faut se préparer à s’imposer une vraie discipline.
Essayez de faire le tour de tous les éléments qui composent votre vie de futur freelance en regardant les deux faces de la médaille : ne pas avoir d’horaires fixes, c’est à la fois pouvoir prendre votre après-midi quand c’est possible mais aussi faire des semaines à rallonge s’il y a besoin. Etre freelance, c’est choisir vos clients, mais c’est aussi parfois leur courir après et accepter tout ce qui vient…
En plus de ces choix très concrets et pratiques de la vie quotidienne, j’ai eu envie de mettre en lumière quelques éléments supplémentaires qui constituent à mon sens les avantages et inconvénients d’être freelance.
Les avantages et inconvénients à avoir en tête
Avant de devenir freelance, je vous encourage à peser le pour et le contre, à travers plusieurs questions.
- On gagne plus d’argent en freelance ?
Effectivement, le taux horaire d’un freelance est souvent bien plus élevé que celui d’un salarié. Il n’y a pas de limite et il est donc possible de gagner plus en étant freelance. Oui, mais…
La réalité, c’est aussi que vous avez besoin de gagner plus lorsque vous êtes freelance. Il y a deux raisons à cela. La première, c’est que votre salaire n’est pas fixe. Autrement dit, les mois où vous allez gagner beaucoup servent à équilibrer les mois plus creux. Vous devez avoir un matelas de sécurité plus élevé en freelance qu’en étant salarié.
La deuxième raison, c’est que le statut freelance est moins protecteur. On cotise moins pour sa retraite et surtout on a pas de chômage. A noter qu’il est possible de souscrire à des assurances chômage privées, par exemple, ou à des offres de prévoyance (en cas d’accident ou de maladie, notamment). Encore des frais à rajouter à vos charges…
Vous le voyez, la question n’est finalement pas si simple même si pour trancher, je dirais que oui, on peut (à condition que l’activité fonctionne correctement) gagner plus d’argent en étant freelance qu’en étant salarié.
- Devenir freelance = devenir libre ?
On en a déjà parlé, cette question fait l’objet de beaucoup de fantasmes. Effectivement, un freelance n’a pas d’horaires fixes et gère son temps comme il ou elle l’entend. Cependant, à la place, on a des responsabilités : personne d’autre ne va pouvoir répondre au client si on prend une journée, pour le dire simplement.
Il faut aussi prendre en compte une autre question qui est celle de la charge mentale. Etre freelance, entrepreneur, à son compte en général, c’est aussi accepter de renoncer à une certaine sécurité voire à une certaine sérénité.
Les limites entre la vie professionnelle et la vie perso sont difficiles à maintenir. On ne laisse pas son travail au bureau en rentrant chez soi, même si évidemment, il ne faut pas caricaturer non plus la tranquillité d’esprit du salariat.
En fait, être freelance ne veut pas dire grand chose en soi et recouvre plein de réalités différentes, souvent chez la même personne et à différents moments. C’est avant tout une affaire de choix : vous pouvez par exemple choisir de travailler un peu moins pour avoir un peu plus de liberté, en sachant que forcément, ça se ressentira sur votre chiffre d’affaires. Plus généralement, vous pouvez dessiner votre activité d’indépendant de plein de manières possibles. D’où l’importance de partir de vos aspirations et de vos envies à vous !
La question du statut juridique
Quel statut juridique quand on se lance en freelance ? Pour beaucoup, la réponse sera la micro-entreprise. Comptabilité, régime fiscal et social souvent avantageux… le modèle correspond bien aux personnes qui créent leur activité, avant d’atteindre les fameux seuils de chiffre d’affaires.
Cependant, ce n’est pas toujours si simple et il y a quelques subtilités.
Micro-entreprise ou société ?
D’abord, mettons tout de suite de côté un faux préjugé sur les micro-entreprises. Non, votre client ne va pas vous trouver “moins sérieux” si vous n’avez pas une “vraie” société. Il s’en fiche.
C’est d’autant plus vrai que le seuil maximum du chiffre d’affaires possible en micro-entreprise est de 83 600 € en 2026. Autrement dit, la micro n’est plus limitée aux très petites activités comme c’était le cas dans le passé (avec un seuil à 33 000 € environ au lancement du régime).
Les seuils évoluent souvent : référez-vous au site du service public pour avoir les dernières règles à jour ! .
En réalité, deux critères sont à prendre en compte.
D’une part, le seuil de chiffre d’affaires. Si vous dépassez le fameux seuil, vous devrez changer de statut juridique et, probablement, créer une société pour être soumis au régime réel d’imposition et de cotisations sociales.
D’autre part, la structure de votre activité. La micro-entreprise n’est pas une obligation ! Vous pouvez très bien opter pour le régime réel dès votre premier euro de chiffre d’affaires. Et dans certains cas, c’est plus intéressant.
Le régime micro est conçu pour être simple. En pratique, vous ne déclarez pas vos charges et dépenses pour les déduire de votre chiffre d’affaires. Vous n’êtes donc pas imposé sur votre bénéfice comme c’est le cas en société et dans le régime réel.
A la place, l’Etat met en place un abattement forfaitaire pour “faire comme si” vous aviez déclaré des charges ou du moins pour les prendre en compte dans le calcul de votre imposition.
Ainsi, les cotisations sociales ne sont pas assises sur l’intégralité de votre CA mais après l’application de l’abattement. En service, vous vous retrouvez en 2026 avec un taux de cotisation qui revient à 25.6% de votre CA, lorsqu’on prend en compte l’abattement.
Il faut donc passer par l’étape calculatrice.
La première étape est de lister toutes les charges et dépenses liées à votre activité.
Ensuite, vous devez calculer si ces charges sont supérieures à l’abattement prévu par le régime micro. La valeur de cet abattement dépend de la nature de vos prestations :
- en vente de marchandises (régime micro-BIC ventes) : l’abattement est de 71% du CA ;
- en prestation de services (régime micro-BIC services) : l’abattement est de 50% du CA ;
- en libéral (régime micro-BNC) : l’abattement est de 34% du CA.
De manière générale, l’abattement est plutôt généreux par rapport à la réalité des charges auxquelles vous devez faire face, surtout en prestation de services. Mais le calcul peut vous mener à préférer une autre forme juridique !
La bonne stratégie pour devenir freelance
La bonne stratégie pour devenir freelance est d’identifier les besoins de votre cible et de votre marché, vos forces et vos avantages par rapport à vos concurrents, et les méthodes les plus adaptées pour trouver vos clients.
Pour commencer, voyons comment prendre les bonnes décisions en tant que freelance. Pour ça, vous allez devoir faire dialoguer entre eux les trois grands pôles de votre stratégie.
Les trois pôles de votre stratégie (votre cible, vos concurrents, et vous)
Toutes vos décisions résultent de l’interaction entre les trois pôles de votre stratégie que sont votre cible, vos concurrents, et vous.
Pour vous lancer, vous devez prendre des décisions stratégiques importantes : sur votre offre, votre positionnement, vos leviers de communication… Ces décisions ne peuvent pas se prendre à l’instinct : vous avez besoin d’information pour nourrir votre réflexion.
C’est pour récolter ces informations que vous devez vous pencher sur les caractéristiques de votre offre ou de votre profil, sur votre cible et sur vos concurrents.

Analyser votre cible
Votre cible est le premier et peut-être le plus important des trois pôles. Ce sont leurs besoins qu’il faut comprendre. Ce sont leurs craintes, freins et objections qu’il faut anticiper (et résoudre) et leurs habitudes qu’il faut respecter.
Mettez-vous à leur place : pourquoi font-ils appel à vous ou au type de solution que vous offrez ? Quel est le problème que vous cherchez à résoudre ? On pourrait passer beaucoup de temps sur cette partie, mais vous pouvez retenir deux éléments :
- Le besoin auquel vous répondez peut s’exprimer comme la situation dans laquelle votre client sera une fois qu’il aura résolu son problème. Par exemple, je propose avec Axetis des accompagnements personnalisés pour les freelances et les personnes qui lancent leur activité. On pourrait décrire le besoin en disant : pouvoir se lancer et vivre de son activité.
- Vous remarquez que je n’ai pas décrit ma solution dans l’expression du besoin. La solution est secondaire. Personne ne se réveille un matin en se disant qu’il ou elle souhaite être accompagné.e pour lancer son projet. Il faut aller plus loin, remonter jusqu’au besoin-coeur. L’accompagnement permet de concevoir et d’appliquer la bonne stratégie pour développer son activité. Et faire ça permet d’en vivre et/ou de la développer.
Prenez le temps de réfléchir à cette question, elle est extrêmement importante.
De même, comprenez les habitudes de votre cible : comment se renseigne-t-elle sur sa problématique ? Recherches Google ? Réseaux sociaux ? Si oui, lesquels ? Rencontres physiques ? etc…
Mieux vous connaîtrez votre cible, mieux vous pourrez adapter votre stratégie et votre discours pour lui correspondre.
Analyser votre concurrence
La concurrence est la deuxième source d’information utile pour nourrir votre réflexion.
D’abord, parce qu’elle a testé des choses, fait des erreurs, mis en place des stratégies qui (apparemment) fonctionnent. En bref, vous pouvez vous en inspirer.
Ensuite, parce qu’il va falloir vous démarquer de cette concurrence. Le jeu de la différenciation, on y reviendra, est de pouvoir répondre à la question : pourquoi est-ce que je viendrais chez vous et pas chez vos concurrents ? Pour pouvoir répondre à cette question, encore faut-il bien les connaître.
Regardez où ils communiquent : sur quels réseaux, sur quelles plateformes ? Cela peut vous donner des indications sur les chemins à suivre mais aussi sur les opportunités : si un réseau est sous-investi par la concurrence, ça peut être une chance pour vous de vous y faire une belle place !
Regardez comment ils communiquent : vous pourrez avoir des idées pour trouver votre propre ton, votre voix qui sera différente de celle des autres.
Partir de vos spécificités
Enfin, le troisième pôle de ce triangle de décision est vous-même.
Ce troisième pôle sert à deux choses dans votre processus de décision.
Premièrement, quelles sont les spécificités de votre profil que vous pourriez (ou non) mettre en avant ? Qu’est-ce qui fait que votre approche sera différente des autres freelances ? Cela peut être des études différentes, une expérience dans un secteur d’activité, une façon de travailler, une expertise connexe…
Deuxièmement, vos décisions doivent tout de même correspondre à vos envies et à vos attentes. Cela semble peut-être évident mais en réalité, dans le feu de l’action et en analysant froidement votre cible et votre concurrence, vous pouvez être tenté.e de prendre des décisions qui semblent stratégiquement intéressantes mais qui ne vous correspondent plus vraiment.
Mon expérience en accompagnement m’apprend qu’il est vraiment utile de prendre le temps de se poser pour réfléchir à ce que vous voulez vraiment, ou bien pour vérifier que les directions que vous envisagez vous plaisent réellement.
Faut-il vous spécialiser ?
Autre très grande question lorsque vous décidez de devenir freelance : à quel point faut-il vous spécialiser ?
Vous avez probablement beaucoup entendu parler de ce sujet, avec une injonction assez forte pour “trouver votre niche”, vous spécialiser à fond et vous y tenir.
Je ne suis pas du tout opposé à cette idée, mais j’apporterais tout de même un peu de nuance.
D’abord, de quoi parle-t-on ? Quand je parle de spécialisation, j’entends deux possibilités :
- Une spécialisation par le secteur : vous décidez de travailler pour un domaine en particulier (par exemple, les restaurateurs). De préférence, ce choix est en lien avec une expérience précédente ou une connaissance particulière du domaine.
- Une spécialisation par le métier : vous vous spécialisez dans un champ de compétence restreint. Par exemple, vous êtes copywriter et décidez de vous spécialiser dans la rédaction de newsletters ou de posts Linkedin.
Pourquoi la spécialisation est une bonne idée en freelance ?
D’abord, parce que vous êtes crédible : il est plus facile de vous faire confiance si vous vous présentez comme expert.e d’un domaine / d’une activité en particulier plutôt que si vous dîtes “je suis fort.e en tout”.
Ensuite, parce que c’est plus facile : votre cible est souvent plus précise, bien identifiée, son besoin est clair et il devient plus simple d’avoir un discours très adapté.
Mais attention : la spécialisation n’est jamais une obligation. Je reviens à mon sujet précédent : encore faut-il que cela vous plaise et vous convienne. Vous spécialiser, c’est accepter de travailler sur des missions moins variées. Cela doit d’abord être un choix personnel et il y a d’autres chemins possibles.
Trouver sa différenciation
En revanche, la différenciation est absolument nécessaire en freelance. On fait d’ailleurs souvent la confusion entre les deux, parce que la spécialisation peut être un axe de différenciation.
Mais il y a plusieurs sortes de différenciation : une façon de travailler, une technologie particulière maîtrisée, une offre spécifique… à vous de voir, l’important est de pouvoir expliquer pourquoi votre client devrait vous choisir à la place de la concurrence. Pour le dire autrement, dans quelles circonstances un client serait mieux accompagné par vous que par quelqu’un d’autre ?
Un bon indice que votre différenciation est suffisamment forte est qu’elle marche dans les deux sens : elle implique qu’il y ait aussi des situations dans lesquelles vous n’êtes pas le meilleur partenaire pour votre client.
Par exemple, la qualité n’est pas une différenciation suffisante. La qualité appuyée par un élément concret (par exemple, être Meilleur Ouvrier de France) fonctionne parce qu’elle repose sur un élément très concret.
Toutes ces réflexions vous permettront de vous lancer en freelance dans les meilleures conditions. Votre différenciation doit être la base de votre communication. Sans forcément le rabâcher à chaque post, c’est ce qu’on doit comprendre lorsqu’on visite votre profil Linkedin, votre site web, votre profil Malt…
C’est l’analyse des cibles et de la concurrence et la prise en compte de vos compétences et envies personnelles qui vous permettront de choisir les leviers de communication sur lesquels vous investir.
Bref, vous avez maintenant toutes les cartes en main pour devenir freelance ! Et si vous avez besoin d’un coup de main plus poussé pour qu’on travaille ensemble sur votre projet, contactez-moi !